Marché à foin

À Québec, le marché à foin était situé sur la rue Vallière, tout près du marché aux animaux. Des «pilots de bœuf» ou bouviers (qui pilotaient les troupeaux à travers les rues de la ville pour les mener au marché) conduisaient les boeufs le long des rues de la ville que n’étaient parfois que de vastes lacs de boue.

Le marché à foin présentait une importance primordiale pour les habitants, il était même reconnu comme un lieu d’utilité publique.

Les autos n’existaient pas encore et c’était le foin qui jouait le rôle de gazoline jusqu’aux années 1930 (le terme essence ne s’est répandu qu’à partir des années 1950).

Il fallait du foin pour nourrir tous les chevaux de Québec. Toutes les compagnies de chars urbains, de diligences et de camionnage avaient de nombreux et solides chevaux de trait.

Tous les services municipaux, particulièrement le service des pompiers, en employaient également un grand nombre. Plusieurs hôtelleries avaient des omnibus particuliers qui attendaient à l’arrivée des trains et à l’accostage des bateaux. De plus, il y avait de nombreux fiacres aux postes des charretiers.

Songez que tous les épiciers, les laitiers, les boulangers, bref, tous les marchands et commerçants avaient obligatoirement leurs propres voitures de livraison.

Une grande partie des habitants avaient des voitures de promenade, hiver comme été.

Or, pour tous ces usages, le cheval était l’unique et fidèle serviteur de l’homme.

À Québec, en ce temps-là, chaque demeure avait sa «porte de cour», autrement dit un passage de la rue à la cour avec ses dépendances (hangar, écurie, fenil).

C’était sur les marchés publics que les citadins se procuraient tout ce qui servait à l’entretien des chevaux, soit le foin, l’avoine, la paille et les ustensiles.

À Québec, on comptait deux marchés à foin dont le plus ancien se trouvait dans la haute-ville, juste en face de la cathédrale anglicane. Mais le marché principal, avec la pesée publique, se trouvait dans le quartier du Palais, sur la rue Vallière. C’est à ce marché que les cultivateurs, en parcourant les rues de la ville avec leur «voyage de foin», transportaient leurs marchandises dans de grandes charrettes à haridelles, chargées de 80 à 100 bottes liées (au XIXe siècle, on ne parlait pas encore de ballots de foin pressé).

C’est aussi sur ces marchés publics que les marchands épiciers allaient s’approvisionner pour leur commerce de détail, de foin, de paille, d’avoine et de grains de toutes sortes.

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